26 juil. 2017

“LA MORT D’ADAMA TRAORÉ NOUS CONCERNE TOUS”

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C’est notre cause commune à toutes et tous : ENSEMBLE CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES ET LEUR IMPUNITÉ ! "La loi est censée être mon serviteur et non mon maître, encore moins mon bourreau et mon assassin!" -- (James Baldwin - Reportage en territoire occupé - The Nation. 11 juillet 1966....)  “LA MORT D’ADAMA TRAORÉ NOUS CONCERNE TOUS" Quel est le point commun entre Michael Brown (États-Unis, 2014) et Adama Traoré (France, 2016), ou entre Mark Duggan (Grande-Bretagne, 2011) et Théo Luhaka (France, 2017)? Ils ont subi la même violence policière, celle qui frappe quotidiennement les minorités raciales et les classes populaires dans la plupart des pays occidentaux. Pour lutter contre ces injustices trop souvent invisibles dans l'espace public, nous tentons de sensibiliser l'opinion publique à travers la collecte de signatures inédites et surprenantes. Nous avons écrit ce texte suite à la mort de Adama Traoré, mais la cause concerne aussi toutes les victimes que nous ne citons pas. Ce texte a été publié une première fois en France, mais nous ne voulons pas nous arrêter là, nous aimerions que cette liste de signatures devienne internationale afin de créer un réel rapport de force. Cet appel a été rédigé et les premières signatures collectées avant l’horreur de l’agression policière subie par Théo Luhaka, à Aulnay-sous-Bois, qui rappelle que les violences des forces de l’ordre de sont pas des faits isolés. Nous artistes, sportifs-tives, comédien-nes, écrivain-es considérons que la mort d’Adama Traoré n’engage pas seulement ses proches mais l’ensemble de notre pays, de notre société. Cet été, à Beaumont-sur-Oise, un jeune Français est mort entre les mains des forces de l’ordre, le jour de ses 24 ans. Et, depuis six mois, ce qui aurait pu n’être qu’une énième « bavure » meurtrière illustre jour après jour l’impunité de certains gendarmes et policiers en France, telle qu’elle est depuis longtemps dénoncée par les organisations des quartiers populaires et les comités de soutien aux victimes, et par Amnesty International depuis 2009. Ce 19 juillet 2016, Adama Traoré tente d’échapper à un contrôle d’identité parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui et qu’il connaissait la violence susceptible d’en découler. Interpellé, Adama est plaqué et maintenu au sol par trois gendarmes qui pèsent de tout leur poids sur son corps. Les militaires notent qu’Adama se plaint de ne pas pouvoir respirer, ils l’embarquent dans leur fourgon où il perd connaissance. Plutôt que de le transporter à l’hôpital, ils poursuivent leur route vers la gendarmerie. Ce 19 juillet 2016, vers 17 h 45, Adama Traoré disparaît entre les mains des forces de l’ordre. Selon la version officielle, les pompiers constatent le décès d’Adama à 19h05. Mais rien n’est dit à la famille. Ayant entendu dire qu’Adama « a fait une crise », ses proches contactent les hôpitaux pour rechercher sa trace. En vain. Aux alentours de 21 heures, c’est par un appel aux pompiers qu’ils apprennent que le jeune homme est retenu à la gendarmerie. Oumou Traoré, la mère d’Adama, vient alors demander des nouvelles de son fils à la caserne, où on lui répond qu’« il va très bien ». Elle attend donc sur place, avec ses proches. Jusqu’à 23h30, quand les gendarmes annonceront la mort d’Adama. Soit quatre heures et demie après le constat officiel du décès. Les suites de cette mort suspecte nous interrogent : déclarations contradictoires des autorités, tentatives de salir la mémoire de la victime, dissimulation de son corps, escamotage des rapports médicaux, mensonges des forces de l’ordre, pressions sur la famille, intimidations des habitants… Les pouvoirs publics ont manifesté une partialité constante pour éclipser les actes qui ont conduit à la mort d’Adama. Jusqu’au procureur de la juridiction qui évoque « une infection très grave », un « malaise cardiaque » et la présence d’alcool et de cannabis dans le sang d’Adama pour justifier son décès. Autant d’affirmations qui seront démenties par les expertises médico-légales. Le tout afin d’occulter les circonstances réelles de la mort d’Adama Traoré à ses proches, comme aux médias et à l’opinion publique. Cependant, après qu’il a été démontré qu’Adama a succombé après une asphyxie, après que le procureur qui a systématiquement « oublié » d’évoquer cette cause probable de la mort à la famille et aux journalistes a été muté et que l’instruction de l’affaire a été dépaysée à Paris, nous assistons à un acharnement constant des autorités contre une famille dont la détermination, soutenue par la solidarité des habitants de leur quartier, a permis de mettre à jour les contrevérités officielles. Depuis le premier jour, la maire de la ville n’a cessé d’entraver les sollicitations de la famille. Refus d’autoriser une marche blanche au lendemain de la tragédie, obstruction aux demandes d’entretien de la mère et des frères et sœurs d’Adama, absence de visite sur place et, après chaque manifestation de soutien, extinction de l’éclairage public nocturne dans le quartier (situation propice à toutes les provocations et dégradations) : on est loin d’une recherche d’apaisement. Enfin, après avoir partagé, sur sa page Facebook, un appel à la violence armée des « citoyens de souche » pour « venir en aide à nos pauvres policiers », la maire a menacé de porter plainte en diffamation contre Assa Traoré – la sœur de la victime, devenue porte-parole de la famille – qui avait dénoncé ce parti-pris. Du côté de l’État, malgré les mensonges avérés, le ministre de l’Intérieur n’a jamais eu un mot, ne serait-ce que de compassion, à l’égard de la famille. Interpellé par un député à l’Assemblée nationale, il refuse même de prononcer le nom d’Adama Traoré ; tandis qu’il assure les gendarmes et la maire de Beaumont de son appui plein et entier. Mépris, esprit de revanche et parti-pris aveugle, c’est donc le message que les pouvoirs publics renvoient depuis six mois à la famille et aux habitants de Beaumont qui ont manifesté massivement leur solidarité. Finalement organisée, la marche blanche réclamant vérité et justice pour Adama

a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Une mobilisation sans précédent dans cette commune paisible de 9 600 habitants, derrière une famille qui ne réclame aucun privilège, aucune exception mais exige la stricte application du droit républicain : la vérité sur la mort d’une victime quand la violence des force de l’ordre est en cause et la mise en examen de ceux qui en sont responsables. C’est pour cela que l’affaire Adama Traoré est l’affaire de tous : pour affirmer et défendre l’égalité des droits. C’est cette exigence élémentaire que nous, artistes, sportifs, comédiens, écrivains partageons et relayons. Nous refusons que les habitants des quartiers populaires qui sont quotidiennement frappés par la violence économique et la violence raciste soient également abandonnés à l’insécurité, aux mensonges, à une culture de l’excuse permanente des excès des forces de l’ordre et au jeu dangereux des politiques qui tentent de monter les citoyens les uns contre les autres. Nous refusons qu’une part croissante de la population française soit abandonnée par la République, et nous réclamons la plus stricte impartialité des pouvoirs publics quand les garants de l’ordre outrepassent les lois. « C’est une affaire d’État », selon Assa Traoré et nous sommes également convaincus que c’est toute notre société qui se salit, si elle se tait et détourne le regard. Et nous avec si nous ne réagissons pas. Le 2 février dernier, à Paris, des rappeurs donnaient à Paris un concert de soutien Justice pour Adama. Ce même jour, Théo Luhaka, 22 ans, subissait la barbarie de l’agression policière qui révolte aujourd’hui le pays. C’est pourquoi nous appelons, par une convergence de toutes nos sensibilités et dans un élan solidaire, à soutenir l’exigence de vérité et de justice pour Adama, de justice pour Théo, comme pour toutes les victimes des violences des forces de l’ordre. C’est notre cause commune à toutes et tous : ensemble contre les violences policières et leur impunité !

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  • Après avoir été désindexées des salaires (1993), et taxées (2013), puis re-taxées (2018), bloquées (2014), puis re-bloquées (2018), les retraites ne seront plus indexées sur la hausse des prix (2019). Quand des délinquants millionnaires dépouillent des retraités, ils ne le font pas qu’à moitié ! Les escrocs protègent ensuite leur magot qui sert à remplacer l’ISF et donner du CICE à ceux qui s’arrosent déjà de champagne du matin au soir. Seconde tournée, à votre santé ! Mais, les escrocs sont intouchables. Même leur effigie en carton est intouchable, c’est dire. Le vol en bande organisée n’est pas sanctionné. Leur crime paye leur isf et quelques louches de caviar supplémentaires. Et la police est là pour protéger tout ça. Au service des escrocs, pas des escroqués. Mais ne voyez nulle trace de haine dans tout ça. Non, c’est la foule qui est haineuse, dit le banquier parvenu (dé)servant de président, qui est le seul à présenter ses vœux… en menaçant les autres. La foule. Les riens. Les fouteurs de bordel. Les fainéants. Les vêtus de t-shirt. Les sans dents. Les cyniques. Les illétréEs. Les haineux. Nous, quoi. Cette foule, désarmée, mais si violente, si haineuse, comptant tant de morts et d’amputés parmi elle, alors qu’il n’y en a aucun du coté du « beau linge (sale) » et de leurs protecteurs casqués avec armes de guerre. Cette foule, désarmée, mais si violente, si haineuse, qu’un tir de flash ball dans la tête n’est que forcément mérité, justifié, illégal certes, mais validé comme au temps des parrains, par le ministre qui connait bien le milieu de l’intérieur. Ils portent en eux la violence et la haine comme la nuée porte l’orage, toute leur politique n’est faite que de ça. On le constate encore avec un décret sorti la veille du nouvel an qui sanctionne non pas le chômage et les faiseurs de chômage, leurs amis, mais les victimes, les chômeurs. Ils portent en eux la violence et la haine comme la nuée porte l’orage, mais ils osent dire qu’elles seraient nôtres ! Source: José Sanchez
  • Le mouvement des Gilets Jaunes inquiète, et des stratagèmes divers sont employés, par le gouvernement mais aussi par les médias, pour l’affaiblir. Retour sur 10 méthodes employées ces dernières semaines. 1 – L’euphémisation Cette méthode vise à nier l’ampleur du mouvement pour éviter son succès. En clair, la France n’est pas représentée par quelques dizaines de milliers de personnes dans les rues. C’est un mouvement minoritaire qui parle à tort pour la majorité. Pour E.Philippe, le 1er Ministre, il fallait à tout prix minimiser : « une minorité bloque le pays ». Les sondages indiquent pourtant un soutien des Français à plus de 70%. 2 – Les mensonges sur les chiffres Comment mieux décourager les manifestants que de donner des chiffres ridiculement bas ? « 8000 personnes sur les champs-élysées », « 105 000 personnes le 24 novembre », alors qu’un syndicat policier en dénombrait 750 000. Le ministère de l’Intérieur a par ailleurs rehaussé son estimation en la doublant 24 heures plus tard, discrètement. En mentant sur les chiffres, il est plus facile d’appliquer la 1ère méthode d’euphémisation. 3 – Culpabilisation des manifestants Faire culpabiliser les Gilets Jaunes, c’est facile. Le blocage nuit à l’économie, à de petites entreprises, comme les joailliers par exemple. Les Gilets Jaunes mettent en péril ces gens-là. Ils bloquent des gens qui ont besoin de passer pour aller voir des proches dans le besoin. Bref ces Gilets Jaunes sont des monstres sans aucune compassion, coupables des pires méfaits. 4 – Lancement d’un Contre-Mouvement Après le lancement du hashtag #SansMoiLe17, via un employé de LaREM, le parti présidentiel, il y a eu la naissance du mouvement des foulards rouges, qui refusaient aussi les blocages. Cette méthode visait à rééquilibrer la balance des forces en présence, sauf que la mayonnaise n’a pas pris. 5 – Mettre en avant le coût pour les citoyens Eh oui, tout cela, ça coûte cher. Dégrader un radar ? Ce sera aux Français de payer la réparation via ses impôts. Via cette stratégie, complaisamment reprise par bien des médias, le gouvernement veut faire croire aux Gilets Jaunes que la violence est inutile, qu’il faut manifester sagement. Pour ce week-end, E.Philippe insiste sur une manifestation « déclarée » et sans violence. Avec les quelques concessions du gouvernement, les Gilets Jaunes sont plutôt incités à continuer sur cette voie. 6 – Faire de petites concessions Contenter les modérés, isoler les radicaux pour mieux les combattre. En faisant quelques concessions, le gouvernement espère apaiser la tension, faire baisser la mobilisation pour finalement discréditer le noyau dur d’irréductibles, « réfractaires au changement ». Réponse dans quelques jours pour le 4ème week-end de mobilisation, pour savoir si cette stratégie va fonctionner. 7 – Mêler aux revendications des « luttes » communautaires La révolte est fiscale. Mais en s’agrégeant, des manifestants du collectif « Justice Pour Adama » dénature le mouvement. Ils veulent « ne pas laisser le terrain à l’extrême-droite », comme si c’était ce qui importait les Gilets Jaunes. L’unité à peine croyable d’un mouvement aussi décentralisé et spontané volerait en éclats si ce genre de combats venait sur le devant de la scène. 8 – Mêler des casseurs aux manifestants A Paris, les casseurs sont nombreux. Les inciter à venir, ne pas les arrêter, c’est l’assurance d’avoir des images d’abribus cassés et de banques saccagées et donc l’assurance de jeter un discrédit sur le mouvement des Gilets Jaunes. De nombreuses vidéos circulent sur Internet de policiers déguisés en casseurs. L’Etat a ensuite beau jeu de déclarer que les violences sont inacceptables. 9 – Une justice punitive De la prison ferme pour détention d’un masque à gaz ? Bienvenue en France. Des Français sont jugés en ce moment, sans avoir participé à aucune violence envers les forces de l’ordre ni à aucune casse, simplement pour avoir été dans la manifestation à Paris avec un masque à gaz. La prison, infamante pour les gens honnêtes, décourage les plus virulents. 10 – Une police répressive Grenades lacrymogènes, flashball, canons à eau : si ces faits s’étaient produits en Russie, nul doute que la communauté internationale aurait fait part de son inquiétude quant à la sauvegarde des droits de l’homme. La répression violente des manifestants permet aussi de démoraliser les contestataires, surtout les plus modérés. Ces stratégies ont déjà été utilisées, mais pour l’instant n’ont pas réussi à briser l’élan du mouvement des Gilets Jaunes. Preuve des racines profondes de la colère…
  • RESTEZ CONNECTEZ SOLIDARITÉ! Nous organisons à la Juste Debout School une COLLECTE DE VÊTEMENTS pour adultes, enfants et bébés cette semaine et ce week-end pour AIDER LES SINISTRÉS DE ST MARTIN. Commencez à trier vos affaires, le T-shirt, le pantalon, les chaussures qu'on garde mais qu'on ne met jamais, on en a tous un dans nos placards! CONTACT JUSTE DEBOUT SCHOOL 3 rue de l'Est 75020 PARIS Métro 11 jourdain / Métro 3 Gambetta Tel: +33 (0)9 84 05 50 75 Email: jds@juste-debout.com La Juste Debout School en France a ouvert l'initiative, ne soyez pas timides et soyons solidaire avec TOUS les sinistrés de l'ouragan IRMA. Faites connaitre votre initiative pour un ajout d'information à cet article à l'adresse mail suivante: Productionstwins@gmail.com Merci de faire tourner l'information!!